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Les dix livres retenus
Olivier Deprez hume Cognac pour Littératures Européennes
Olivier Deprez creuse dans la littéraire


Les dix livres retenus
Le président du jury du Prix Jean-Monnet, l'écrivain Gérard de Cortanze, a présenté, vendredi, à Angoulême les dix livres en compétition. 


L'écrivain Gérard de Cortanze a présenté la sélection de livres. 
photo isabelle louvier 

Le Prix Jean Monnet, des Littératures européennes de Cognac, sera décerné le 20 novembre. Vendredi soir, l'écrivain Gérard de Cortanze, président du jury, dont le dernier ouvrage, « La passion de la langue française », vient de sortir, a présenté, au café Saint-Martial à Angoulême, les dix livres qui y concourent.

« Cette année, nous souhaitons que les lecteurs donnent leur avis sur la sélection. Pour cela, on propose un bulletin à remplir qu'il suffit de nous envoyer », insiste Nicole Cornibert, la présidente des Littératures européennes. Ce bulletin peut être téléchargé sur le site Internet www.littératures-europeennes.com.

Les préférés du président
Gérad de Cortanze a donc balayé la sélection en apportant à chaque fois un éclairage. Échantillon.

1- Gabriela Adamesteanu (Roumanie) avec « Vienne le jour » : « C'est un livre que l'auteur a écrit dans les années 50 et qui raconte l'histoire d'une adolescente dans une petite ville de la province roumaine. »

2- Martin Amis (Grande-Bretagne) avec « Le deuxième avion » : « C'est un recueil de textes sur l'attentat du World Trade Center dans lequel Martin Amis s'attaque à l'islam radical, à Bush… On parle de genre romanesque nouveau. »

3- Henry Bauchau (Belgique) avec « Déluge » : « L'auteur est un Belge de 97 ans. Il a un style très précis, comme s'il n'avait plus de temps à perdre. Son histoire se déroule dans un port du Sud de la France avec une galerie de personnages. On retrouve ses thèmes de prédilection comme la folie… »

4- Jonathan Coe (Grande-Bretagne) avec « Johnson, histoire d'un éléphant fougueux » : « C'est la biographie d'un écrivain inconnu qui s'est suicidé à 40 ans. Les interrogations que se posent Johnson sont aussi celles de Coe. »

5- Per Olov Enquist (Suède) avec « Une autre vie » : « L'auteur raconte sa vie à la troisième personne. C'est une sorte de livre philosophique. Enquist se pose la question de sa place dans le monde. »

6- Hans Magnus Enzensberger (Allemagne) avec « Hammerstein ou l'intransigeance » : « C'est la biographie d'un général de la Reichswehr dans les années 30. L'auteur parle en fait de lui et de son rapport avec l'Allemagne. »

7- Javier Marias (Espagne) avec « Ton visage demain » : « Ce livre est le troisième livre d'une trilogie. C'est l'un de mes deux livres préférés. C'est l'histoire d'une sorte d'espion qui observe les autres. »

8- Margaret Mazzantini (Italie) avec « Venir au monde » : « C'est l'histoire d'une femme qui chemine vers la maternité. L'intrigue est très bien ficelée. »

9- Colum Mc Cann (Irlande) avec « Et que le vaste monde poursuive sa course folle » : « Des personnages regardent le funanbule Philippe Petit marcher sur un fil entre les deux tours du World Trade Center et à travers ça , racontent le monde. Un livre ambitieux. »

10- Joseph Pearce (Belgique) avec « Terres de promesse » : « C'est mon second livre préféré. L'auteur reconstitue l'histoire d'une famille. C'est un livre dur et intense. »


http://sudouest.fr
14 juin 2010

OLIVIER DEPREZ HUME COGNAC POUR LITTÉRATURES EUROPÉENNES

Philippe ANDRÉOULIS | ph.andreoulis@charentelibre.fr

Sans doute profitera-t-il de la Fête du cognac pour appréhender un peu plus la ville qui est la sienne, pour quelques jours encore. Avant un retour plus long à l'automne. Olivier Deprez est l'auteur en résidence du prochain festival Littératures européennes. Le premier invité depuis 2005. Une succession de rendez-vous impossibles ou ratés qui rend d'autant plus alléchante cette rencontre annoncée. Et en partie dévoilée hier par l'équipe du festival. 

Thème de la prochaine édition, «Les Belges». Appellation que Nicole Cornibert, présidente de la manifestation, préfère à «La Belgique». «La Belgique est plurielle. Peut-être que l'appellation "Les Belges"est plus adaptée». 

Une trentaine d'auteurs

Un sentiment qui n'avait pas attendu les récents déchirements politiques entre communautés francophone et néerlandophone. Autre fil conducteur, «L'un et l'autre». Une autre façon d'aborder les échanges, les rencontres, au-delà des langues... Une trentaine d'auteurs seront invités pour cette 23e édition, du 18 au 21 novembre prochain, dont une vingtaine de Belges. À parité égale entre les deux communautés... Olivier Deprez, lui, a débuté sa résidence d'écriture le 20 juin dernier. Il quittera Cognac le 15 juillet pour y revenir le 13 septembre. Lui, le Belge installé en France, francophone de naissance mais de plus en plus bilingue, âgé de 43 ans, a finalement trouvé à Cognac le lieu idéal pour achever sa réflexion de toujours, autour des auteurs belges. Au point de se demander si un tel auteur n'est pas «un auteur qui s'expatrie assez facilement... La plupart du temps, les auteurs sont allés à Paris pour se faire connaître. En fait, je me demande si on ne se définit pas plus facilement par rapport à la France, que par rapport à la Belgique.» Même lui, il le reconnaît. Avant cette invitation à Cognac autour de ce thème, «je n'aurais jamais osé me positionner en tant qu'auteur Belge...»

À cette identité à construire s'ajoute la propension toute française à s'accaparer tout auteur francophone, du moment qu'il acquiert une certaine notoriété. La plus médiatique de toute, Amélie Nothomb, est un bel exemple. Mais rares sont ceux qui classeraient parmi les écrivains belges le poète Émile Verhaeren, ou encore Maurice Maeterlinck... Alors de là à connaître Jan Baetens, ou encore Nicolas Ancion, autre auteur belge invité à rencontrer les scolaires !

À Cognac, Olivier Deprez compte bien pouvoir achever son essai sur les auteurs belges. Un travail différent de son univers habituel de réécriture par l'illustration, la gravure, des auteurs tels que Kafka, dont il a publié le roman graphique «Le Château» en 2003. Son frère jumeau, Denis, n'évolue-t-il d'ailleurs pas dans le même monde ? Présent l'an passé à Littératures européennes pour des interventions faisant le lien entre images et livres, il signe cette année l'affiche de la manifestation.

Renseignents:
www.litteratures-europeennes.com ou au 05.45.82.88.01.

Olivier Deprez est l'auteur invité en résidence des Littératures européennes. Photo Ph. A.


http://charentelibre.com
7 juillet 2010

Olivier Deprez creuse dans la littérature
L'association accueille sa première résidence depuis cinq ans.


Olivier Deprez présente l'affiche des prochaines Littératures européennes, peinte par son frère jumeau Denis, invité à Cognac lors de la précédente édition. photo S. J. 

L'association des Littératures européennes, organisatrice des rencontres littéraires de novembre, accueille, pour la première fois depuis cinq ans un artiste en résidence. Le dernier était l'écrivain portugais Pedro Rosa Mendes. 

Depuis le 20 juin et jusqu'au 15 juillet, Olivier Deprez est en résidence de création dans le petit appartement situé au-dessus des locaux de l'association, rue Aristide-Briand.

Graveur, dessinateur et auteur belge, Olivier Deprez reviendra à Cognac du 13 septembre au 13 octobre pour clore sa résidence d'artiste avec au bout, l'espoir de présenter un essai. Un essai, un livre de commentaires qui sera consacré aux auteurs belges. Il veut répondre à cette question : « Qu'est-ce que je connais de la littérature belge ? » 

Oeuvres de Franz Kafka

Sa venue à Cognac est directement liée à son frère jumeau, Denis, qui était intervenu l'année dernière sur les Littératures européennes. 

Denis Deprez signe l'affiche de la 23e édition, présentée officiellement hier. L'artiste en résidence n'a pas eu à se faire prier pour expliquer le travail de son frère. « L'hôtel de ville de Bruxelles », « les canaux », « la cavalcade » et bien sûr un lecteur sur une barque. 

Mais revenons à Olivier Deprez, 43 ans et vivant dans les Cévennes. L'artiste graveur et dessinateur est aussi un grand lecteur. De ses lectures denses et approfondies, il peut ressortir des écrits, les siens, comme actuellement à Cognac… ou bien des images dessinées sur papier ou gravées dans le bois ! 

Olivier Deprez n'est pas un simple illustrateur. Il intériorise l'écriture, la structure des phrases, va au plus profond pour offrir une image. 

Pas facile de pénétrer son univers et sa démarche. Pour mieux le comprendre, évoquons son étonnnant travail mené à partir des œuvres de Franz Kafka, écrivain tchèque. Il a lu au plus profond l'œuvre « Le Château » et l'a retranscrite en images gravées sur du bois. « On creuse pour faire émerger les formes », résume-t-il pour exprimer sa démarche (intellectuelle et matérielle) comme a pu l'être celle de Kafka au moment d'écrire. 

Olivier Deprez est épris de littérature, la met en images. Et lui, songe-t-il à écrire son propre roman ? Des feuillets sont glissés dans quelques tiroirs, mais ne le satisfont pas. 

Non, ce qui intéresse vraiment l'artiste belge, c'est d'aller au cœur de la littérature. 

Sa résidence cognaçaise pourrait d'ailleurs aboutir à des gravures sur bois.
 
http://sudouest.fr
7 juillet 2010