Dulce Maria Cardoso



Dulce Maria Cardoso surprend aussi par sa manière d'écrire : son second livre se compose d'une seule et unique phrase de 392 pages, sans que le lecteur ne s'en trouve déstabilisé. Une plume singulière, qui renouvelle la littérature à sa façon. 
Il lui aura suffit de deux ans et de deux romans pour surprendre la critique et imposer son style : Coeurs arrachés, en 2005, et Les Anges, Violeta, en 2006.


                                                       Les Anges, Violeta - Esprit des Péninsules
                                          traduit du portugais par Cécile Lombard, 2006


Peu après sa naissance, Dulce Maria Cardoso quitte le Portugal pour l'Angola, avant d'y être rapatriée suite aux guerres coloniales. Elle vit aujourd'hui à Lisbonne, où elle écrit des histoires à mi-chemin entre polar et oeuvres réalistes. Ses personnages, qui flirtent parfois avec la folie, ont pour point commun cette accumulation de petits défauts et de désillusions qui caractérisent les être humains.

Violeta, comment vous la décrire ? Une ballerine obèse qui titube à travers l'existence en levant le coude aussi souvent que la jambe ou peut-être un ange en exil. Victime d'un accident de la route, elle apparaît au début du livre 'la tête en bas suspendue par la ceinture de sécurité'. En ces ultimes instants s'emballe le carrousel d'une pauvre vie : sa carrière de représentante en cire dépilatoire, ses amours de Restoroute, sa meilleure ennemie de fille, quelques lourds secrets de famille. Derrière cette petite musique de la déglingue ordinaire, interprétée par une virtuose, on entend cependant jouer en sourdine une autre partition - la bande-son d'une période de bouleversements pour le Portugal, depuis le rêve du 25 avril 1974 jusqu'au désenchantement post-révolutionnaire en passant par le déclin de l'empire colonial.