Sophie Képès

Sophie Képès a traduit en français de grands écrivains hongrois dont Péter Esterházy et, plus récemment, Julia Székely. Elle est l'auteur de romans (Un automne à Budapest, Le Seuil, 1984, L'Empêchement d'Izare, Arcantère, 1988, Dans le tourbillon de la vie, Le Pommier, 2002...), de scénarios (avec Robert Guédiguian) et de policiers (sous le pseudonyme de Nila Kazar).

 

Un café sur la colline
Noir sur Blanc

Sarajevo assiégée. La ville martyre, crucifiée, est le premier personnage de ce roman.
Horrifiée par l'expression " nettoyage ethnique ", Nila, parisienne d'origine hongroise s'embarque pour la Bosnie pour participer au tournage d'un documentaire sur le siège de la ville. Elle partage le quotidien des civils. L'intensité de leurs échanges, aux frontières du danger de mort " les a hissés au-dessus d'eux-mêmes ". L'abjection de la guerre, les snipers, les camps de viols et les fosses communes déchaînent en eux les forces extrêmes de la vie. Pour Nila, faire l'amour devient " la seule chose urgente et importante ". Soulevée d'émotions, elle se livre à une constante autoanalyse et note tout ce qu'elle voit, entend et ressent.

Des fragments de textes (contes, articles d'encyclopédie, petits dialogues, coupures de journaux) insérés dans son récit traduisent son propre morcellement. Ce qu'elle dit à propos de son livre : " Le retour du génocide en Europe 50 ans après celui des juifs devra sans doute être mis à nu par des dizaines de fictions, avant de trouver enfin sa " juste place " dans notre conscience rétive ". Plutôt qu'un roman d'apprentissage, Un café sur la colline est roman de "rééducation", ou mieux, de réveil : réveil du cœur, réveil du langage, réveil de la dignité. L'auteur excelle à décrire le quotidien, les menus faits, les personnages.